Jean-François Revel

Alexis de Tocqueville

Oeuvre

Sites Internet

Biographie

Avertissement du rédacteur: Ce texte a été recopié d’un cours à partir d’une simple copie d’étudiant, comparée à d’autres, et retouché, mis en forme par moi-même,
afin de corriger les erreurs que j’estimais y trouver.

Des erreurs peuvent très bien persister dans le texte.

C’est pourquoi j’invite tout lecteur se sentant compétent pour le faire à intervenir en me contactant, afin que je corrige d’éventuelles erreurs, que j’ajoute une remarque ou un lien vers une page web concernant cet auteur, pour que la connaissance de sa pensée soit facilitée.

Introduction
Tocqueville est le théoricien majeur du libéralisme politique à la française.

Il a réalisé pour le libéralisme politique ce que Frédéric Bastiat a réalisé pour le libéralisme économique.
Le parallèle entre les deux hommes tient aussi à ce qu’ils ont vécu à la même époque (Bastiat est mort en 1850). (site)

Il est est aussi le concepteur du concept dela démocratie égalitaire.

Sa vie
Alexis de Tocqueville naît en 1805 à Paris dans une famille aristocrate trés riche.

Son enfance est notamment troublée par le récit de la captivité de ses parents sous la Terreur. Son grand-père Malesherbes est guillotiné, ses parents y réchappent de justesse. Sa mère ne s’en remet jamais et devient à demi-folle.

Ces évènements tragiques auront une influence sur sa pensée: il hérite d’une sorte d’angoisse des masses, victimes de la Révolution de 1793, et d’un attachement au modèle légitimiste.

A seize ans, il consulte dans la bibliothèque préfectorale de son père les ouvrages de Rousseau, Montesquieu, l’Encyclopédie…

Il se retrouve alors entre deux mondes: aristocrate et post-révolutionnaire.

Il choisit de faire des études de Droit et bascule alors intellectuellement pour les idées de la liberté.

IL sera l’inventeur du libéralisme politique à la française. Celui-ci se manifeste substanciellement par un amour absolu porté à la liberté. Il défend en effet toute forme de liberté: de la presse, du culte…

En 1927 il est nommé auditeur au Tribunal de Versailles. Il prête alors serment à Charles X.

Mais en 1830 le régime vascille, Louis-Philippe est le nouveau Roi, et serment doit lui être donné.

Tocqueville est devant un tournant de sa vie:

Pour lui, Louis-Philippe est illégitime, mais il est libéral et réformateur.
Il doit donc choisir entre ses convictions aristocratiques et son goût pour la liberté.

Dans une crise intérieure profonde, Tocqueville choisit de se rallier au nouveau Roi et prête serment pour “éviter l’anarchie et parce qu’il faut monter dans le train de l’histoire”.

En avril 1831, Tocqueville et Gustave de Beaumont partent en Amérique dix-huit mois pour y étudier le système pénitenciaire.

De retour, Alexis de Tocqueville écrira un ouvrage tiré de son étude (“Du système pénitentiaire aux États-Unis”, 1832).

Beaumont rédige un rapport officiel et est démissionné pour avoir critiqué le système français.
Tocqueville démissionne à son tour par soutien pour son ami et rédige la première partie de “De la démocratie en Amérique”.

Publié en 1835, il est un succés d’édition.

Les thèmes abordés dans cet ouvrage sont la Constitution, les institutions, les moeurs, la géographie.
Suite à cette réussite, Tocqueville devient une personnalité recherchée des salons littéraires et des milieux politiques.

En novembre 1937, il se présente aux élections législatives en Normandie, à Valogne, qu’il perd.

Il devient finalement député en 1839, et sera réelu jusqu’en 1848.

Durant cette période il agit sur la société française et murit ses réflexions des deux derniers Tomes de “De la démocratie en Amérique”. Sa pensée politique relative à la démocratie égalitaire en France se développe.

Dans ces deux Tomes de son ouvrage majeur, l’Amérique n’est qu’un prétexte à des réflexions sur les diverses formes du pouvoir politique, l’évolution de celui-ci, les moteurs internes du corps social qui alimentent le pouvoir politique, et les maladies et remèdes envisagés pour ceux-là.

En outre, Tocqueville s’impose au sein du Parlement en rédigeant des rapports sur l’abolition de l’esclavage et par des propositions sur la réforme des prisons.

Leader du parti libéral, il est reconnu comme ayant une acuité intellectuelle reconnue; il a un discours prophétique sur une nouvelle Révolution (ce sera celle de 1848).

Aprés celle-ci le suffrage universel instauré lui permet d’être élu député par le “peuple” lui-même.

Il est élu en outre à l’Assemblée constituante (pour la Constitution du 4 novembre 1848) et nommé ministre des Affaires étrangères de Louis-Napoléon.

Il rentre en conflit avec le Président de la République, le gouvernement est renversé.

Malade et fatigué, sa carrière politique s’arrête avec le coup d’Etat de 1851.

Il reprend ses voyages et écrit “L’ancien régime et la Révolution”: un ouvrage d’étude sociologico-politique sur l’Ancien Régime et des germes de la Révolution.

Atteint de tuberculose, il meurt à Cannes en 1859.

Son oeuvre et sa pensée
Sa pensée politique, très fine et avant-gardiste, est centrée sur sur l’avènement d’un nouveau type de régime politique: la démocratie égalitaire. Elle s’attelle à décrire ce système politique et social, à en prévoir les dangers, et à en trouver les remèdes.

Il a foi dans le processus, qu’il considère comme providentiel, de la construction au sein du corps social de l’égalité des conditions.

Cette égalité des conditions est le support de la démocratie égalitaire.

Mais loin de se contenter de penser un système cohérent parfait en lui-même comme Saint Simon, sa pensée repose sur une logique d’autocritique constructive. Elle produit constamment des questionnements sur sa propre validité.
De là ressort une pensée éclairante sur les ressorts et les contradictions de nos sociétés contemporaines.

I – Le présage de l’avènement des démocraties égalitaires
Il théorise l’irrésistible changement qui agite le corps social, qui conduit le système aristocratique à se muter en système égalitaire.

Pour lui, plusieurs facteurs peuvent expliquer ce changement:

– Comme De Maistre, il croit en la Volonté de Dieu qui serait de transformer la société. La Providence tracte et explique tout changement constatable et le développement de l’égalité des conditions:

Cette notion repose sur trois piliers:

1 – Egalité devant la Loi. L’égalité des droits attachés à l’individu. Il s’oppose aux privilèges.

2 – Egalité des chances. Elle s’entend principalement par la possibilité de mobilité sociale. La possibilité d’accéder à une position sociale supérieure et inversement.

3 – Egalité de respect. Les individus se perçoivent égauxx entre eux. Ainsi les individus vivent comme égaux indépendamment des inégalités réelles de situation ou des inégalités naturelles.
La Providence fait évoluer ces trois principes:

– L’égalité des droits est obtenue grâce à la reconnaissance des droits attachés aux individus.

– L’égalité des chances est obtenue grâce aux progrès économiques.

– L’égalité des de respect est acquise grâce à l’Esprit des Lumières.

C’est ainsi que se construit l’égalité des conditions. A son époque, seule l’égalité devant la Loi était plus ou moins établie.

Il considère que ce processus est à l’oeuvre en France depuis le XVIII° siècle.

Il le retouve aux Etats-Unis avec ce particularisme d’avoir connu cette évolution beaucoup plus rapidement, ayant eu la chance d’être nés égaux au lieu d’avoir eu à le devenir.
Cette dynamique est attachée à l’individu. Une société où règne l’égalité des conditions est une démocratie => C’est la démocratie égalitaire.

C’est la première fois que que l’on analyse de cette façon le pouvoir politique.
La conséquence première de l’avènement de cette démocratie sera la disparition des classses sociales (castes) et par là même l’uniformisation des modes de vie.

Les pauvres ne seront plus très nombreux car la loi ne les aura pas attachés par des liens de misère irrémédiables.

Les riches seront clairsemés et impuissants.

Il n’y aura plus de races de pauvres et de races de riches.
La Démocratie sera dominée par une vaste classe moyenne où tous les individus sont à peu près égaux en lumière et en biens.

Il pressent que cette “moyennisation” s’accompagnera d’une uniformaisation des conditions d’existence qui conduira à l’avènement dans cette classe moyenne du matérialisme, c’est-à-dire “la passion du bien-être matériel”.
Quid de la pérennité d’une telle société ?

En effet, dès lors que l’égalité des conditions sera atteinte, la dynamique initiale sera perdue, distendue. Il y a un risque que cette société s’écroule sur soi-même.

Tocqueville démontre que les individus ne sont en réalité pas heureux au milieu de leur bien-être matériel car ‘ils songent sans cesse au bien-être matériel qu’ils n’ont pas”.

C’est cette constante frustration qui permet à la société de perdurer= l’Egalité révèle l’Inégalité.

“L’inégalité est la loi commune d’une société; les plus fortes d’entre elles ne frappent point l’oeil.””Mais quand tout est à peu près au même niveau, les moindres inégalités sont visibles.”

L’insatisfaction est constante et la frustration relative.
Tocqueville s’interroge ensuite sur la question de savoir si l’indéfectible amour des hommes pour l’égalité ne va pas finir par détruire leur liberté.
La société égalitaire n’est-elle pas naturellement liberticide ?

L’auteur décèle ici une tension non perçue= l’égalité est perçue positivement et semble se concilier avec la liberté. Mais il existe en fait une relation fragile entre ces deux concepts.

II – Les maladies de la démocratie égalitaire
La passion pour l’égalité se réalise t-elle au détriment de l’amour pour la liberté ?
Les individus ne seron-ils pas prêts à accepter une situation de servitude pour rester égaux entre eux?
Paradoxe: les sociétés démocratiques sont susceptibles d’engendrer des régimes non démocratiques, despotiques.
Les deux dangers nouveaux pour la liberté des individus est, d’une part, l’Etat, qui utilise une politique despotique mais douce et maternelle.

Les individus abandonnent leur liberté volontairement au profit d’une sécurité assurée par l’Etat.

D’autre part, la menace est la logique majoritaire sur laquelle reposera le processus décisionnel.

A – Le despotisme maternel
Le despotisme surviendra du fait que dans les démocraties égalitaires chacun sera seulement préoccupé par la préservation de son bien-être matériel et par la quête éternelle de l’égalité des conditions.

Les citoyens se replient sur leur propre sphère d’activité.

L’individualisme est défini comme “un sentiment réfléchi et paisible qui dispose chaque citoyen à s’isoler de la masse, à se retirer à l’écart avec famille et amis, de telle sorte qu’après s’être créé une société à son usage, il abandonne volontiers la grande société à elle-même.”

Tocqueville considère que l’individualisme va couper l’individu de la consceince de l’existence du groupe et qu’ainsi sera affaiblie sa capacité de résistance à l’opression. Ce despotisme non violent n’aura aucune résistance.
Cette évolution se traduira par une désaffection pour la chose publique et une dégradation de l’esprit public (abstention au niveau du vote), un abandon de la gestion des affaires du groupe à des garants inconnus. En contrepartie, les citoyens demandent seulement la garantie de la protection et de la quiétude.

Au dessus des individus s’élève un pouvoir immense et tutélaire qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller à leur sort. Un pouvoir absolu, détaillé, normé, prévoyant et doux.

Le risque est l’infantilisation des citoyens par la prise en charge de leurs propres besoins.

B – La logique majoritaire
C – Les remèdes
1 – La décentralisation
2 – Le développement de corps intermédiaires
3 – Le soutien à la Religion

Remerciements à Laeticia B. et Stéphane B. pour leurs cours.