Jean-François Revel

Inclassables

Jean-Jacques Pauvert et la collection “Libertés”

Dans Pauvert l’irréductible (L’Echappée, 2018), biographie de Jean-Jacques Pauvert, Chantal Aubry consacre un chapitre sur Revel et la collection “Libertés” (le chapitre 13, “Revel et la collection “Libertés””).

En voici deux extraits :

“Libertés”, la bien-nommée, est l’exemple type de la collection à durée de vie relativement limitée, sur le moment […] et pourtant, cette collection surgie comme un météore, et comme telle, vite éteinte, a marqué les mémoires largement au-delà de son modeste impact commercial.C’est toute une génération qui se réclame d’elle. Pour l’irrespect revendiqué.”

“…ce sera la début d’une légende éditoriale…une légende qui peu ou prou dure encore. “Libertés”, “cette collection de petits livres violents” qui donnèrent à toute une jeunesse “le goût du pamphlet” et de la bagarre, reste l’un des plus beaux “gestes” d’éditeur de l’histoire de l’édition d’après-guerre.”

Ensuite, Emmanuel Pierrat, dans son livre sur Pauvert (Jean-Jacques Pauvert – L’éditeur en liberté, Calmann-Lévy, 2016), cite un article de Revel “paru en 1965 dans “Vogue” intitulé “Pauvert, éditeur casse-cou”. Le voici en images :



Pour finir, l’article de Clément Pieyre sur la collection Libertés (Revue de la BNF 2011/3, n° 39) est en libre-accès sur Cairn :
Jean-François Revel et la collection « Libertés »

Biographie de Jean-François Revel

Jean-François Revel, de son vrai nom Jean-François Ricard, est né le 19 janvier 1924 dans le 7e arrondissement de Marseille, fils de Joseph et France Ricard. Sa famille est d’origine franc-comtoise.

Il passe son enfance à Marseille, habitant dans le quartier Sainte-Marguerite, et fait ses études primaires et secondaires à l’École Libre de Provence.
Après l’obtention du baccalauréat littéraire en juillet 1941, il prépare à Lyon, au lycée du Parc, l’École normale supérieure, où il est reçu en juillet 1943 24e ex-aequo, dès sa première tentative. Il est alors âgé de 19 ans.

Dès 1943 et jusqu’à la fin de la guerre, alors étudiant rue d’Ulm, il participe activement à la Résistance sous la direction d’Auguste Anglès, avec le pseudonyme “Ferral”.
En 1944, après la Libération, il est chargé de mission au Commissariat de la République de la région Rhône-Alpes pendant quelques mois.

C’est pendant cette période de guerre qu’il publie ses premiers textes, dans la revue Confluences.

Durant l’été 1945, il se marie avec Yahne le Toumelin ; de cette union naîtront deux enfants, dont le futur moine bouddhiste Matthieu Ricard, né en février 1946, et Ève Ricard-Reneleau, écrivaine.

En 1947-1948, sa licence et son diplôme d’études supérieures en philosophie en poche, il est nommé professeur en Algérie, dans une médersa, à Tlemcen.
A son retour, il mène pendant près de deux ans une vie de bohème.

Puis, de janvier 1950 à octobre 1952, il part enseigner au lycée français et à l’Institut français de Mexico.
Enfin, de novembre 1952 à juillet 1956, il est nommé à l’Institut français ainsi qu’à la Faculté des Lettres de Florence, où il enseigne l’Histoire, et en même temps prépare son agrégation de philosophie qu’il passe lors de son retour en France en juillet 1956.
C’est pendant ces années à l’étranger qu’il apprend l’espagnol et l’italien.

Par la suite, il fait partie du cabinet du sous-secrétariat d’État aux Arts et Lettres, avant de prendre un poste d’enseignant en philosophie au lycée Faidherbe à Lille, de 1957 à 1959, puis au lycée Jean-Baptiste Say à Paris jusqu’en 1963.

Le 7 juillet 1967, il épouse en secondes noces la journaliste Claude Sarraute (née en 1927). De cette union sont nés le haut fonctionnaire Nicolas Revel en 1966 et Véronique Revel en 1968.

Il quitte l’Université en 1963 pour se consacrer à une carrière de journaliste et d’écrivain.

Carrière littéraire

Sa carrière littéraire commence en 1957 avec le roman Histoire de Flore, mais c’est surtout son premier essai Pourquoi des philosophes qui représente son premier succès.
S’en suivront une trentaine d’ouvrages, les plus célèbres étant Ni Marx ni Jésus (1970), La Tentation totalitaire (1976), Comment les démocraties finissent (1983), puis La Connaissance inutile (1988).
Ses Mémoires, Le voleur dans la maison vide (1997) constituent un de ses plus considérables succès, “son livre sans doute le plus assuré de durer”, selon son ami Pierre Nora.
Viendront ensuite La Grande Parade (2000), L’Obsession anti-américaine (2001) et un journal de l’année 2000, Les Plats de saison. (Consulter la liste des oeuvres)

Il a en outre assumé les fonctions de conseiller littéraire et de directeur de collection chez René Julliard, Jean-Jacques Pauvert, Robert Laffont jusqu’en 1978, date à laquelle il devient directeur de l’hebdomadaire l’Express, dont il était l’un des éditorialistes depuis 1966. Il démissionne de la direction de l’Express en 1981 à la suite d’un différend avec son propriétaire Jimmy Goldsmith, puis devient, en 1982, chroniqueur au magazine Le Point, poste qu’il occupera jusqu’à sa mort en 2006.

Il a collaboré également, en qualité d’éditorialiste, à des stations de radio : A Europe 1 de 1989 à 1992 et à R.T.L. de 1995 à 1998.

Le 19 juin 1997, il est élu à l’Académie française, au fauteuil d’Étienne Wolff, au 24e fauteuil.

Décorations reçues :

  • Officier de la Légion d’honneur
  • Officier de l’ordre de la Croix du Sud du Brésil
  • Grand officier de l’ordre de Henri le Navigateur du Portugal
  • Commandeur de l’ordre d’Isabelle la Catholique

Prix littéraires :

  • Prix Chateaubriand 1988
  • Prix du livre libéral 2000

Jean-François Revel est décédé dans la nuit du samedi 29 avril 2006 à l’hôpital Kremlin-Bicêtre.

Consulter la liste de ses œuvres

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Pour mieux découvrir Revel, nous vous proposons, au hasard de ce site: L’Abécédaire de Jean-François Revel : Le bada, ou, au format audio, l’émission A voix nue, où Revel se raconte à travers un dialogue avec Pierre Nora.